Doctorante et professeur à temps partiel, Marie-Philip aime les chats et Harry Potter. Mais une semaine avant ses 29 ans, la jeune femme apprend qu’elle a le cancer du sein. Durant un an, sans fausse pudeur, nous l’accompagnons dans chacune des étapes tandis qu’elle se confie avec une honnêteté bouleversante.
Les jours est une ode à la vie, au courage et à la résilience de toutes celles qui se battent quotidiennement contre la maladie.
De ses injections dans le ventre en prévision d’une éventuelle grossesse qu’elle n’est même pas sûre de vouloir aux traitements invasifs et effrayants de chimiothérapie, en passant par la perte de ses cheveux ou les rencontres médicales pour une possible reconstruction de sa poitrine, elle documente tout. Plus encore, Marie-Philip, forcée de revenir vivre chez ses parents pour la durée des traitements, se confie, sous l’œil attentif et délicat de la cinéaste Geneviève Dulude-De Celles. Sa peur, ses douleurs, ses colères, mais aussi ses joies, ses espoirs et ses rêves… la jeune femme ouvre grand la fenêtre sur son intimité et ses relations avec une honnêteté bouleversante.
Durant plus d’un an, nous partageons avec elle cette aventure humaine, dans ses hauts et ses bas, en plongeant sans fausse pudeur ni sensationnalisme dans le processus médical adouci par le soutien sans faille que lui apporte sa famille. Chaque étape devient alors l’occasion de mesurer tout son courage, sa force de caractère, son humour et son sens de la résilience. Mais surtout, chaque moment passé avec elle, chacun de ses sourires et chacune de ses larmes, composent une ode à la vie d’une force irrésistible.
Le cancer du sein est la maladie la plus répandue dans ma famille maternelle. Ma grand-mère en a souffert dans la cinquantaine. La plupart de ses sœurs l’ont eu. Leur mère et leur tante aussi. C’est dire que cette maladie tristement populaire est courante dans mon entourage, changeant complètement la trajectoire de certains proches… Comme celle de ma bonne amie et coproductrice derrière ce projet, ayant perdu sa mère à un jeune âge des suites d’un cancer du sein.
À l’approche de la quarantaine, j’en suis venue à m’intéresser davantage à cette maladie, à son impact sur le corps de la femme, sur son identité. Pour ce faire, j’ai voulu aller à la rencontre de femmes venant tout juste de recevoir leurs diagnostics. J’avais comme projet de les suivre tout au long de leurs traitements, en faisant avec elles une série d’entrevues hebdomadaires. Je voulais observer quel impact pouvait avoir une maladie s’attaquant à des symboles féminins forts - les cheveux, les seins- sur le plan physique et psychologique.Nous avons entamé nos recherches de protagonistes à l’automne 2020. En plein cœur de la deuxième vague de la COVID, d’un énième confinement, trouver une femme dans un état si fragile et prête à s’engager sur un tournage à long terme fut un défi. Autrement dit: nous cherchions une aiguille dans une botte de foin.
Or la chance - ou ma bonne étoile - m’a amené à rencontrer Marie-Philip. Elle venait tout juste de recevoir un diagnostic de cancer du sein, stade 3. C’était une semaine avant sa fête de 29 ans.
J’ai eu un coup de cœur pour Marie-Philip. J’ai été troublée par sa jeunesse. De 5 ans ma cadette, je pouvais plus facilement m’identifier à elle, me projeter dans son histoire. Marie-Philip m’a rapidement accueillie dans son cercle rapproché. Je suivais ses tribulations sur un groupe privé où elle publiait des vidéos de son « aventure » pour tenir au courant ses proches, éloignés par la COVID. Tranquillement, le projet que j’avais en tête a pris les contours de sa vie à elle. J’ai ainsi décidé qu’elle serait mon unique protagoniste.
Marie-Philip avait pris l’habitude de se raconter en documentant tout via son téléphone cellulaire. Ses vidéos, sorte de journal intime, m’apparaissaient plus parlantes que les entrevues que j’avais imaginées. J’ai délaissé mes entrevues en lui donnant plutôt accès à une petite caméra amateur, qu’elle pouvait traîner partout avec elle, à une période où l’accès aux hôpitaux était proscrit.
En complément à ses images me donnant accès à son quotidien, j’ai aussi voulu camper mon regard: celui de la narratrice extérieure à la situation. Le contexte pandémique nous obligeant à limiter les contacts, j’ai été amenée à prendre la caméra afin de réduire l’équipe au minimum. Je me suis donc immiscée dans la vie de Marie-Philip de façon très intime, à la manière d’une nouvelle amie à qui l’on se confie. Finalement, cette proximité nous a rapprochées, créant entre nous une réelle amitié.
Le documentaire m’a également permis de rencontrer la famille de Marie-Philip; ses parents l’hébergeant lors de ses traitements. J’ai été très émue par le soutien indéfectible de ses proches, central dans son parcours. Leur vécu m’a sensibilisé aux répercussions que peut avoir la maladie sur l’entourage, sur la difficulté de devoir soutenir la personne dans le besoin lorsque l’on est directement affecté par la situation. Ses parents, mais aussi son frère et sa sœur, se sont naturellement taillés une place dans notre récit, allant même jusqu’à prendre la caméra pour documenter les évènements lorsque Marie-Philip n’était pas en mesure de le faire.
Ainsi, le documentaire s’est construit à partir de leurs images et des miennes, en misant toujours sur l’intimité. Par ce portrait, nous souhaitions donner une voix à une jeune femme aux prises avec le cancer du sein, plus souvent associé dans l’imaginaire collectif et les campagnes de sensibilisation à des cas plus âgés. C’est donc sous cet angle, celui de la jeunesse, et plus particulièrement de la trajectoire de Marie-Philip, que nous avons voulu témoigner des hauts et des bas de cette maladie, avec honnêteté et humour.
Sélection en festival :
*PREMIERE: Doxa Documentary Film Festival, 2023
*Film d’ouverture, Festival Vues sur Mer, 2024
*Nomination Meilleur conception sonore dans un long métrage documentaire, Prix écrans canadiens, 2024
*QuebecineMX, Mexico, 2024
*Quebecuá, Espagne, 2024
*Rendez-vous Québec Cinéma, 2024
*Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), 2023
*Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA), 2023
"Nous utilisons les cookies afin de fournir les services et fonctionnalités proposés sur notre site et afin d’améliorer l’expérience de nos utilisateurs. Les cookies sont des données qui sont téléchargés ou stockés sur votre ordinateur ou sur tout autre appareil.
En cliquant sur ”J’accepte”, vous acceptez l’utilisation des cookies. Vous pourrez toujours les désactiver ultérieurement. Si vous supprimez ou désactivez nos cookies, vous pourriez rencontrer des interruptions ou des problèmes d’accès au site." RéglagesJ'ACCEPTE
Privacy & Cookies Policy
Présentation de la confidentialité
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience lorsque vous naviguez sur le site Web. Parmi ces cookies, les cookies classés comme nécessaires sont stockés sur votre navigateur car ils sont essentiels pour le fonctionnement des fonctionnalités de base du site Web. Nous utilisons également des cookies tiers qui nous aident à analyser et à comprendre comment vous utilisez ce site Web. Ces cookies ne seront stockés dans votre navigateur qu'avec votre consentement. Vous avez également la possibilité de désactiver ces cookies. Mais la désactivation de certains de ces cookies peut avoir un effet sur votre expérience de navigation.
Les cookies nécessaires sont absolument essentiels au bon fonctionnement du site Web. Cette catégorie comprend uniquement les cookies qui garantissent les fonctionnalités de base et les fonctions de sécurité du site Web. Ces cookies ne stockent aucune information personnelle.
Tous les cookies qui peuvent ne pas être particulièrement nécessaires au fonctionnement du site Web et qui sont utilisés spécifiquement pour collecter des données personnelles des utilisateurs via des analyses, des publicités et d\'autres contenus intégrés sont appelés cookies non nécessaires. Il est obligatoire d\'obtenir le consentement de l\'utilisateur avant d\'exécuter ces cookies sur votre site Web.
Ajouter votre avis